Visite

La fortune d’Ernest Cognacq et de Marie-Louise Jay, liée à l’essor des grands magasins de la Samaritaine à la fin du XIXe, a permis, outre la création de diverses œuvres philanthropiques, de constituer une collection de peintures, sculptures et objets d’art qui fut léguée à la Ville de Paris en 1928 à la suite du décès d’Ernest Cognacq.

A l’origine, les œuvres étaient présentées dans une annexe de la Samaritaine, dite la Samaritaine de luxe, au 25 boulevard des Capucines, dont les activités cessèrent en 1981. L’hôtel Donon, après le transfert de la collection et d’importants travaux de restauration, fut ouvert au public en 1990.

La visite débute par une évocation d’Ernest Cognacq et de Marie-Louise Jay. La présentation suit ensuite un ordre principalement décoratif, le principe étant de mêler peintures, sculptures, meubles et objets d’art dans le décor élégant et raffiné d’une demeure du XVIIIe vue au prisme des goûts d’Ernest Cognacq et de son épouse. Les planchers, les boiseries anciennes, les cheminées, les lustres de cristal et les trumeaux de glace contribuent à la création d’une atmosphère délicate et précieuse. Ils proviennent du premier musée et ont été remontés.

Collections

Il s’agit d’un ensemble d’œuvres et d’objets d’art d’une grande diversité : peintures, sculptures, dessins, meubles, porcelaines, objets de vitrine, tapisseries.

Les tableaux appartiennent principalement à l’école française du XVIIIe avec de nombreux portraits et scènes de genre, des paysages animés de figures, quelques natures mortes. Boucher, Greuze, Fragonard, Hubert Robert, Chardin, Vigée Le Brun, Largillierre sont présents. On rencontre également des œuvres anglaises (Reynolds) et vénitiennes (Guardi, Canaletto).

Une pièce capitale de la collection n’appartient cependant pas au siècle des Lumières, l’Anesse de Balaam, une huile sur bois de Rembrandt datée de 1626.

La collection comporte également des dessins (J.A. Watteau), des pastels (La Tour, Perronneau, Lavreinse, Gardner) et des miniatures.

La plupart des sculptures, témoignant du goût d’Ernest Cognacq pour les portraits, sont des bustes : Lemoyne, Houdon, Defernex. Au cinquième niveau, celui des combles où l’on peut admirer la superbe charpente du bâtiment, on peut voir un ensemble de petites terres cuites, notamment de Clodion.

Les objets de vitrines sont essentiellement une collection de figurines sculptées en porcelaine de Meissen, la plus ancienne manufacture de porcelaines d’Europe, et un ensemble de boîtes, nécessaires et étuis.

Les marqueteries de bois précieux du mobilier témoignent de l’art des plus grands ébénistes de l’époque.

Expositions temporaires

Du 29 septembre au 27 janvier 2019 : La Fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle
À travers les destins de marchands comme Gersaint ou Duvaux, le musée présente une centaine d’oeuvres d’art, de documents et d’archives illustrant les origines du luxe à la parisienne.

Exposition à venir :

Du 16 Mars au 14 Juillet 2019 : Génération en Révolution – Dessins français du musée Fabre, 1770-1815.

Les salons du rez-de-chaussée accueillent une exposition principale par an, nous invitant à découvrir ou mieux connaître un aspect de l’art du XVIIIe.

En 2013/2014 : La patine du temps – Conservation et restauration des œuvres d’art ; Boîtes en or et objets de vertu au XVIIIe ; Tivoli – variations sur un paysage au XVIIIe ; Le siècle d’or de l’éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette. En 2015 : Thé, Café ou Chocolat ? L’essor des boissons exotiques au XVIIIe siècle. En 2016 : Jean-Baptiste Huet, le plaisir de la nature.
Du 25 Février au 25 Juin 2017 : Sérénissime! Venise en fête, de Tiepolo à Guardi. Danse, musique, commedia dell’arte, célébrations sur la place Saint-Marc ou Le Grand Canal, carnaval…
Du 12 avril au 29 juillet 2018 : L’enfance des lumière : Le musée présente à partir du 12 avril une exposition destinée au jeune public (7-11 ans) avec un parcours en deux étapes qui vient souligner une thématique forte des collections du musée : la perception de l’enfance, à travers une sélection d’œuvres choisies.

Activités culturelles

Le musée Cognacq-Jay propose de multiples activités au public individuel et aux groupes.

Les adultes peuvent suivre des visites conférences sur les collections ou sur l’exposition en cours, des visites thématiques, des ateliers d’initiation à des techniques artistiques. Aux enfants sont proposés des contes, des visites animations, des ateliers.

Il peut également y avoir des cycles inter-musées (ex : animation pour les enfants le matin au musée Cognacq-Jay sur le thème « à la recherche d’un loup » et l’après-midi aux Archives Nationales autour d’une « recherche d’éléments décoratifs suivie d’un bal costumé »).

Les activités en famille ne sont pas oubliées (ex : parcours à la recherche de marquises, princes et princesses). Le calendrier trimestriel des activités proposées peut être consulté sur le site du musée.

Renseignements et réservations : 01 40 27 88 89 du lundi au vendredi de 10h à 13h.

Site et architecture du musée

Médéric de Donon, contrôleur général des bâtiments du roi et gendre du sculpteur Della Robia, fit construire en 1575 l’hôtel de Donon dans le quartier du Marais qui devenait à la mode.

Acquis par la ville de Paris en 1974, l’hôtel fut classé monument historique en 1984 et d’importants travaux de restauration furent entrepris. En effet, le bâtiment était délabré et, ayant été utilisé à des fins commerciales au cours des XIXe et XXe siècles, passablement défiguré par l’ajout d’appentis. Son caractère de demeure des XVIe et XVIIe devait être restitué. C’est là que s’installe le musée Cognacq-Jay en décembre 1990.

Le corps de logis principal à haute toiture, entre cour et jardin, présente la structure caractéristique des hôtels du Marais du XVIe siècle tandis que le bâtiment sur rue et les pavillons latéraux sont du XVIIe.

Le jardin, dont l’entrée est située rue Payenne, est ouvert de mai à septembre de 10h à 18h. On ne peut pas y accéder du musée.

Aux alentours du musée

Des nombreux hôtels que l’aristocratie fit construire au cours des XVIe et XVIIe dans cet ancien quartier de marécages, beaucoup subsistent et une promenade dans le quartier du Marais est toujours un enchantement.

– Le musée des Archives Nationales (Hôtel de Soubise) – 60 rue des Francs Bourgeois 75003
– La place des Vosges (créée par Henri IV en 1605) et son square
La maison de Victor Hugo – 6 place des Vosges 75004
– L’hôtel Carnavalet et son musée consacré à l’histoire de Paris – 23 rue de Sévigné 75003
– Le musée Picasso (Hôtel Salé) – 5 rue de Thorigny 75003
– Le cloître et l’église des Billettes – 24 rue des Archives 75004
– La maison d’Ourscamp construite sur un cellier gothique cistercien, siège de l’association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris historique – 46 rue François Miron 75004
– L’hôtel de Sully – 48 rue Saint-Antoine 75004
– Le Conservatoire National des Arts et Métiers et son musée – 60 rue Réaumur – Paris 3e
– Le musée de la Chasse et de la Nature (hôtel Guénégaud) – 62 rue des Archives 75003

Le Marais, quartier historique, est néanmoins un quartier vivant où les galeries d’art contemporain sont très présentes.

Lieux, Musée ou collections complémentaires

Le musée des arts décoratifs (Salles XVIIe / XVIIIe siècle) au 107-111 rue de Rivoli (Paris 1er) dans les ailes de Rohan et de Marsan du palais du Louvre, où se trouvent également le musée de la Mode et textile ainsi que le musée de la Publicité.

Le musée Nissim de Camondo au 63 rue de Monceau (Paris 8e) qui abrite l’une des collections les plus célèbres de Paris rassemblée par le comte Moïse de Camondo, un amateur passionné d’art français du XVIIIe siècle.

Le musée du Louvre (rue de Rivoli (Paris 1er) : les salles d’objets d’art du XVIIIe siècle (meubles royaux, bronzes, tapis et tapisseries, orfèvrerie, bijoux, instruments scientifiques).