Visite de l'exposition

Le visiteur traverse sur trois niveaux un univers où l’élégance, l’innovation, la maîtrise des matériaux précieux se rencontrent. Chaque domaine témoigne de l’effervescence produite par le style Art Déco.

Mode et ’élégance
On plonge dans l’ambiance de l’exposition de 1925 en commençant par se rendre au pavillon de l’élégance. Des éléments vestimentaires tels que  le chapeau cloche de Jean Dunand ou la robe du soir en crêpe de soie brodée de perles translucides du créateur Franz Jourdain, rendent compte de la tendance des grands couturiers de l’époque.

Mobilier et arts décoratifs
Le paravent L’Oasis du ferronnier Edgar Brandt, en fonte de fer et laiton, a suscité beaucoup d’admiration et a été reconnu comme l’un des chefs d’œuvre de l’évènement de 1925. Le village du jouet a également été un grand succès : l’ensemble de mobilier miniature en bois peint transporte le visiteur dans un monde de rêve et d’amusement.

Joaillerie
L’Art Déco s’est également manifesté dans le domaine de la joaillerie. Le devant de corsage en or, jade, corail, lapis, onyx, turquoise et strass dessiné par Lucien Hirtz, a été très remarqué lors de l’exposition de 1925. Un espace réservé aux bijoux Cartier montre l’influence de l’Art Déco… Bracelets, montres, broches, ornés de diverses pierres incrustées sur des métaux précieux affichent leurs formes et leur géométrisation, sans oublier la multiplication des couleurs.

Diversité des matières
Divers objets renseignent sur l’étendue des matières auxquelles se sont intéressés les artistes : le Vase de Nogent, 1923, en porcelaine dure nouvelle en provenance de la manufacture de Sèvre ; le Vase  Sainte-Radegonde-en-Touraine, vers 1925, en grès tourné et émaillé ; le Grand vase, deux anses, 1925,  en pâte de verre moulée à cire perdue, ou encore le Flambeau a deux lumières, vers 1925, en métal argenté et martelé.

Tendances
Le style Art Déco a commencé à s’exprimer dès les années 1910. « La Table à thé », vers 1910, de Louis Sorel avec ses formes géométriques, reflète un désir de rénouveau avec une finalité utile.
La représentation de motifs floraux et naturalistes, les matériaux précieux sont souvent utilisés. On y retrouve aussi le goût pour le XVIIIe siècle et les influences venues d’ailleurs, d’Orient et d’Asie…
Bien que luxueux, l’Art Déco s’est démocratisé grâce à la recherche des décorateurs et des ensembliers. Les grands magasins vont vendre du mobilier fabriqué en série comme le  Fauteuil en fer nickelé, cuir croûté, (vers 1929) de Marcel Guillemard. Les Galeries Lafayette et le Printemps ont joué un rôle important dans la diffusion de l’Art Déco en s’intéressant aux objets du quotidien.

L’international
Les objets exposés par d’autres pays que la France rappellent que l’exposition de 1925 s’est voulue internationale. Des Kimonos en provenance du Japon présentent des motifs géométriques aux couleurs vibrantes. Ils diffèrent complètement des décors traditionnels.

Artistes, décorateurs et collectionneurs
Durant le parcours de l’exposition, on peut s’imaginer chez Nelly de Rothschild ou le grand couturier Jacques Doucet grâce à la présentation de leur ameublement résolument Art Déco.
Jacques-Emile Ruhlman a été un décorateur exceptionnel, à l’honneur lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Il a réalise l’union entre l’art, l’artisanat et l’industrie. Son bahut Elysée, vers 1920, a été utilisé pendant presque vingt ans au palais de l’Elysée. D’autres œuvres de décorateurs renommés comme Eileen Gray, Jean-Michel Frank, Giacometti témoignent de la diversité des tendances.
Le parcours de cette exposition est également enrichi par du mobilier de la collection du décorateur Jacques Grange.

L’Orient Express
Dans les années 1920, l’esthétique intérieure de L’Orient-Express adopte pleinement l’Art Déco notamment grâce à René Lalique et René Prou. La fin du parcours dévoile le nouvel aménagement de ce train mythique.  Le wagon restaurant, les voitures-lits, les décors muraux, l’éclairage invitent à voyager dans une luxueuse atmosphère de confort. Le travail effectué dans le domaine de la marqueterie impressionne par sa minutie et le fabuleux résultat d’une broderie sur bois. Croquis et vidéo donnent un aperçu de la complexité et du talent nécessaire pour faire de l’Orient-Express un véritable joyau.

Conclusion
On retient de cette exposition que l’Art Déco a été un vaste mouvement international qui a séduit beaucoup d’artistes. Il s’est exprimé sur toute sortes de matériaux, pour toutes sortes d’objets décoratifs ou à usage domestique.
L’Art Déco a éclipsé l’Art Nouveau en substituant les lignes droites et les motifs géométriques aux lignes courbes et sinueuses. Il est le symbole de la modernité.

Commissaire générale : Bénédicte Gady, directrice des musées.
Commissaire : Anne Monier Vanryb, conservatrice en charge des collections 1910-1960
Assistée de Véronique Ayroles, Raphaèle Billé, Mathurin Jonchères et Lisa Jousset-Avi
Commissaires associés :
Mathieu Rousset-Perrier, conservateur en charge des collections Moyen Âge / Renaissance et bijoux.
Jean-Luc Olivié, conservateur en chef en charge des collections de verre
Emmanuel Bréon, conseiller scientifique de l’exposition

Rédaction Annick C. février 2026

1925-2025. Cent ans d’Art Déco