Visite de l'exposition

Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin propose, avec la collaboration de Magnum Photos, une relecture  de l’oeuvre de Robert Capa, grand photographe de guerre. Plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés ainsi que des magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ces cent soixante pièces retracent le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne sous le nom de Robert Capa.

L’exposition qui interroge son parcours et sa façon de photographier permet d’approcher la vie de Robert Capa et ses engagements. Elle permet aussi de comprendre pourquoi, près d’un siècle plus tard, ses photographies restent légendaires.
Son regard a marqué l’histoire du photojournalisme et son style, une manière directe de photographier la guerre, l’oeil collé en permanence à l’objectif, a influencé les photographes de terrain.

En juillet 36, la guerre d’Espagne est son premier conflit, qu’il couvre avec Gerda Taro sa compagne. Gerda Taro est une étudiante allemande antifasciste, grande photographe. Elle meurt, écrasée par un char.
Pour Capa, les guerres vont se succéder, du côté des soldats et des combats mais aussi du côté des populations civiles. Robert Capa est là où il faut être, depuis les plages du débarquement en juin 1944 en Normandie, et la remontée vers Paris. Un film remarquable, étonnant, est projeté dans l’exposition. Le film suit, poursuit Robert Capa dans les rues de Paris, les 25 et 26 août 1944. Les équipes du musée ont visionné des heures de films pour repérer où était Capa pendant ces deux jours de la Libération de Paris et ont croisé ces images avec les planches-contact du photographe. Il apparaît parfois furtivement, à d’autres moments il s’arrête et cadre. Un signalement est reporté sur la pellicule pour que nous puissions le suivre plus facilement ! On voit ainsi comment il se place, où il s’arrête et déclenche son appareil.
Puis la guerre au Vietnam, Capa photographie les patrouilles françaises qui progressent devant lui dans les rizières. C’est là que le 25 mai 1954,’il saute sur une mine. L’exposition se termine par un agrandissement d’une photo de soldats marchant dans les champs de riz.

L’exposition est également intéressante par son approche de la vie de Robert Capa, son engagement, sa personnalité et ses relations. Robert Capa, ami d’Hemingway, et de John Steinbeck, fut l’amant d’Ingrid Bergman. En 1947, il fonde avec David Seymour et Henri Cartier-Bresson, la coopérative photographique Magnum.

Commissaire : Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale du patrimoine, directrice du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin
Co-commissaire : Michel Lefebvre, journaliste et collectionneur de photographies