L’exposition “Tisser, Broder, Sublimer. Les savoir-faire de la mode” au Palais Galliera a pour ambition de faire découvrir la multitude des savoir-faire qui entoure la mode, à travers plusieurs siècles de style et de création. Des parures royales des vestiaires féminins et masculins aux outils de fabrication, en passant par les pièces de célèbres créateurs, le parcours est structuré autour d’un thème en particulier : la fleur.
Premier volet d’un cycle de 3 expositions successives, cette exposition retrace l’histoire de la mode du XVIIIe siècle à nos jours, et met en lumière les métiers de l’ombre, généralement cantonnés aux coulisses. Ainsi, organisée par techniques plutôt que par ordre chronologique, plus de 350 pièces la composent, principalement issues des collections du musée.
Consacrée à l’ornementation, qui permet d’ennoblir et embellir les tissus, le parcours est construit autour de la fleur, objet de sublimation et de fascination universelle par excellence. Sequins, plumes, lin, porcelaine, lurex, néoprène, satin, et bien d’autres, sont manipulés pour venir imiter, représenter, recréer la délicatesse de pétales et les courbes d’une tige. On remarque ainsi qu’au fil des époques, certains matériaux, tels que la soie ou le coton, restent prépondérants à la création, mais que ce sont les techniques pour les incorporer aux vêtements qui évoluent.
En tant que mode d’expression, la mode est également éminemment politique. L’exposition présente ainsi les différentes façons dont l’Histoire s’est mêlée aux vêtements : une blouse aux couleurs de la France confectionnée par Madame Legris sous l’Occupation, une traîne de robe offerte par le vice-roi d’Égypte à l’impératrice Marie-Louise en guise de cadeau diplomatique, mais aussi des affiches de programmes scolaires créés spécialement pour ouvrir les métiers d’artisanat aux femmes. Bien qu’elles aient manié l’aiguille depuis toujours, les femmes ne disposaient pas de la même autonomie que leurs collègues masculins et leur professionnalisation était cruciale pour qu’elles espèrent accéder au même statut qu’eux. L’émancipation des femmes est passée par un changement vestimentaire radical (moins de corsets, moins de robes et jupes encombrantes, etc.), et la généralisation de leur indépendance professionnelle.
Dans la même lignée, l’exposition valorise l’importance d’influentes figures féminines comme Andrée Brossin de Méré, créatrice textile révolutionnaire, mais aussi Gabrielle Chanel, qui a marqué, voire contribué à lancer, la carrière de nombre d’artisans. Mondialement reconnue, la maison éponyme tient aujourd’hui un rôle de protection et de préservation de l’artisanat d’exception avec les « Métiers d’art de la mode » de CHANEL, et qui compte parmi ses rangs les maisons d’art Lesage, Desrues, Atelier Montex, Goossens, etc.
L’exposition se clôture par la Galerie des Métiers et de l’artisanat, et permet au visiteur de découvrir la richesse des techniques développées pour confectionner ces pièces d’art, ainsi que l’entre maillage des nombreux métiers. À l’aide de supports variés comme des nuanciers, cahiers d’épreuve, modélisations, ou vidéos, cette dernière partie éblouit par la richesse des savoir-faire présentés. Au fil de l’exposition, il est par ailleurs intéressant de remarquer la transition entre les vêtements d’époque exposés qui étaient, eux, portés, et ceux de haute couture conçus aujourd’hui et plutôt considérés comme des œuvres d’art, servant de scène pour démontrer les savoir-faire et l’inventivité des créateurs.
Commissariat général : Émilie Hammen, directrice du Palais Galliera
Commissariat scientifique : Marie-Laure Gutton, responsable des collections accessoires, Samy Jelil, assistant de conservation et l’ensemble de l’équipe de conservation.
Rédaction Lili Tibi, février 2026
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