Le 18e siècle représente une étape importante dans l’évolution de l’apparence féminine.
La robe de cour, un vêtement emblématique du 18e siècle
Le début du parcours offre à notre regard une « Robe à la française » (vers 1755-1765). Elle est une pièce maîtresse de l’exposition en incarnant les fortes caractéristiques de la mode de cette époque.
L’ampleur de la robe servait à manifester la grandeur du rang social. Le dispositif appelé panier, placé sous la jupe, amplifiait le volume et renforçait cette impression de prestige. La largeur du panier devenait ainsi un véritable signe d’importance sociale. Outre l’ampleur, la somptuosité marque cette époque. Le tissu utilisé est souvent de la soie. Les manches engageantes, les rubans, les dentelles amplifient la magnificence.
La dame de cour tenait à se faire remarquer jusqu’au bout des pieds : Ce n’est pas un hasard si la robe est plus courte devant. Cela permettait de montrer la pointe de son soulier confectionné dans une matière élégante, raffinée et brodée de fil de soie.
La robe de conception tripartite composée du corsage, de la jupe et du panier accueillait souvent une pièce d’estomac constituée d’une partie rigide fixée sur le devant du corset afin de lisser le buste. Se vêtir d’une telle robe représentait un exercice compliqué. La pièce d’estomac nécessitait d’être épinglée ou cousue le matin…
La quantité de tissu nécessaire importait peu tant la recherche de la magnificence primait : dix aunes ont été nécessaires pour la confection de cette robe (dix fois un mètre vingt de tissu)
La robe à la française est un modèle dont le monde s’est inspiré. On notera par exemple le pli plat dans le dos de cette robe, caractéristique souvent visible sur les modèles copiés à l’international. On découvre dans cette exposition d’autres variantes de robe de création française : La robe à la piémontaise et la robe à la polonaise ont aussi la particularité d’avoir un panneau plissé comme la robe à la française.
Le corps baleine revêt une haute importance au 18e siècle. Ancêtre du corset, Il véhicule un message d’appartenance à une classe dirigeante. Son port s’imposait particulièrement à Versailles.
En le voyant, nul doute de son inconfort. Il servait à affiner la taille à un point tel qu’on évitait de se pencher ou de bailler !
Le corset de Marie-Antoinette surprend beaucoup par son étroitesse, d’autant plus qu’elle l’a porté très jeune au moment où son corps ressemblait encore à celui d’une adolescente.
En revanche, la robe chemise droite et sans ampleur portée par Marie-Antoinette était bien différent de la robe à la française. Marie-Antoinette a été vilipendée car cette robe chemise n’évoque pas le statut de reine.
L’apparat est fondamental aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
La mode du 18e siècle consistait à ne pas passer inaperçu quel que soit le genre auquel on appartenait.
Quelques tenues masculines prouvent que l’homme élégant adorait se montrer sous des atouts colorés avec des fleurs. Le fil métallique dans le vêtement souligne l’audace décorative de l’époque.
Le parcours de l’exposition montre que le port des talons était tout à fait accepté pour les hommes. La couleur rose n’était par ailleurs pas associée seulement aux femmes.
Les hommes devaient aussi supporter des contraintes vestimentaires. Par l’artifice d’une couture dans le dos de son vêtement, l’homme se voyait contraint de maintenir les épaules en arrière.
L’« Habit à la française (habit, gilet, culotte) » (vers 1760-1770) montre aussi l’aspect typique du port du vêtement jusqu’aux genoux pour les hommes.
La coiffure est aussi un élément d’apparat
Au 18e siècle les coiffures deviennent monumentales en évoluant vers des structures très hautes.
La coiffure la belle poule illustre de manière très explicite ce phénomène. Constituée d’un pouf surmonté d’une maquette de frégate, elle célèbre une victoire navale française en 1778. Créée par Léonard-Alexis-Autié, coiffeur de Marie Antoinette, son poids et son volume défient les lois de la physique pour pouvoir la porter.
Le vêtement se transforme au fil des siècles mais l’héritage reste présent.
Durant le 18e siècle, La robe à transformation ressemble visuellement à la robe à la française mais elle est conçue pour être modulable, la jupe peut être changée : simple pour la journée, brodée pour le soir, ample pour la cour.
Les déguisements et les bals costumés sont à la mode au 19e Siècle. La « Robe à l’anglaise et jupe vers 1780-1785 remaniée fin du 19e ou début du 20é siècle » met cette tendance en lumièreIl s’agit au départ d’une robe de mariage transformée pour un bal costumé.
Le style de la robe du 18e siècle s’illustre dans les premières décennies du 20e siècle, par la finesse de la taille, l’ampleur de la jupe et le volume à l’arrière ou latéral. On retrouve aussi le pli creux dans le dos, par exemple dans « Le Manteau de Dior par Yves Saint Laurent Printemps été 1959 ».
L’ « Ensemble Kinga Rajsak inspiré de François Boucher » de Christian Dior par John Galliano (haute couture automne-hiver 2007-2008) évoque la mode de la Pompadour et l’esprit décoratif du milieu du 18e siècle. « La robe Chanel par Karl Lagerfeld, Haute couture printemps été 2005 » est construite d’après un modèle de robe à la piémontaise.
Commissariat général : Émilie Hammen, directrice du Palais Galliera
Commissariat scientifique : Pascale Gorguet-Ballesteros, conservatrice générale du patrimoine, responsable des collections vêtements XVIIe-XVIIIesiècles et poupées, assistée d’Alice Freudiger
Rédaction : Annick C. , 30 mai 2026
Communiqué de presse
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